Drawing on an in-depth case study conducted in a general and technological high school located in a working-class neighbourhood, this article examines the conditions under which a protest led by Muslim female students emerged in response to dress-code enforcement practices. Building on the literature on “unlikely” forms of collective action, it shows how repeated experiences of surveillance and disqualification associated with Islam –embedded in everyday school interactions– may lead to collective action. The analysis highlights the role of peer solidarity, digital resources, and the support of allies among staff in turning diffuse indignation into public protest. By documenting the concrete ways in which Islam is problematised within the school institution, the article sheds light on situated forms of political engagement among minoritised students and contributes to current debates in the political sociology of education.
À partir d’une enquête monographique menée dans un lycée général et technologique d’un quartier populaire, cet article analyse les conditions d’émergence d’une mobilisation de lycéennes musulmanes autour des rappels à l’ordre vestimentaire. En s’appuyant sur les travaux sur les mobilisations « improbables », il montre comment des expériences répétées de contrôle et de disqualification liées à l’islam, inscrites dans des interactions ordinaires, peuvent se transformer en action collective. L’article met en évidence le rôle des solidarités entre pairs, des ressources numériques et du soutien d’alliées au sein de l’établissement dans la conversion d’une indignation diffuse en protestation publique. Il éclaire ainsi les modalités concrètes par lesquelles l’islam est problématisé à l’école et les formes de politisation situées qui émergent en réponse, contribuant au renouvellement des recherches en sociologie politique de l’éducation.