Arrondissement de Lyon, Francia
The study and evaluation of the effects of artistic education schemes cannot be carried out without a theoretical model of artistic practice in its educational dimension. Drawing on surveys on one of the most representative practices in artistic and cultural education (EAC), artistic residencies in schools, as well as on personal experiences of artistic and philosophical residencies, this article aims to construct a theoretical model of the “artist-in-residence” device. This model articulates two hypotheses. The first postulates that the artist’s work with students occurs within a specific zone of proximal development: an aesthetic zone (ZPD/esth). The second hypothesis places the process of individuation and its metastability at the heart of artistic work and the aesthetic experience that supports it. The common work in which the artist engages his students is thus based on the “individuating encounters” and “individuation trajectories” that it opens up for each individual. While focused on artist residencies, this theoretical model can, through variations and comparisons, also be applied to the study of various art education devices.
L’étude et l’évaluation des effets des dispositifs d’éducation artistique ne peuvent être menées sans qu’une modélisation théorique de la pratique artistique dans sa dimension éducative ne soit élaborée. S’appuyant sur quelques enquêtes consacrées à l’une de ces pratiques particulièrement représentatives de l’éducation artistique et culturelle (EAC), la résidence artistique en milieu scolaire, ainsi que sur une expérience personnelle de résidences artistiques et philosophiques, cet article se consacre à la construction d’un modèle théorique du dispositif « artiste en résidence ». Ce modèle articule deux hypothèses. La première postule que le travail de l’artiste avec les élèves s’effectue au sein d’une zone proximale de développement spécifique, de nature esthétique (ZPD/esth). La seconde hypothèse met le processus d’individuation et sa métastabilité au cœur du travail artistique et de l’expérience esthétique qui le soutient. L’œuvre commune dans laquelle l’artiste enrôle les élèves repose ainsi sur les « rencontres individuantes » et les « trajectoires d’individuation » qu’elle ouvre pour chacun. S’il est centré sur le dispositif de la résidence d’artiste, ce modèle théorique, par variations et comparaisons, peut également être mobilisé pour l’étude des divers dispositifs d’éducation artistique.