Cet article interroge les ressorts sociaux et politiques de la mobilisation électorale lors de la primaire de la droite et du centre de novembre 2016 au travers d’une enquête par questionnaires « sortie des urnes » menée dans sept bureaux de vote métropolitains. Au-delà de la logique « censitaire » de ce scrutin, l’étude souligne les formes diversifiées de politisation des électeurs mobilisés, dont certaines sont acquises au contact des réseaux partisans tandis que d’autres, majoritaires, semblent plus étroitement liées à des effets de position sociale. La large victoire de F. Fillon lors de ce scrutin s’interprète ainsi comme une double capacité à répondre aux attentes des électeurs les plus acquis à la droite et à exploiter les réseaux partisans locaux.
This article assesses the social and political motivations for mobilization during the French “Right and Centre” primary election of November 2016 through an exit-poll administered in seven departments of metropolitan France. Beyond the requirement that voters pay a fee to participate in this election, our survey emphasises the diversity of voters’ motivations. Whereas some of them mobilized because of their proximity to the main right-wing party (“Les Républicains”) and its networks, others went to vote mainly owing to their social characteristics. The landslide victory of François Fillon in this election can be interpreted as a twofold ability to meet the expectations of this part of the right-wing electorate and to use local partisan networks.