1991, qui ne fut pas un grand millésime œnologique, ne laisse pas que la trace d'un palindrome numérique dans la mémoire publicitaire française : c'est l'année de l'adoption de la loi Évin, du nom de son initiateur le ministre de la santé Claude Évin. Lorsque la loi parut, annonceurs et agences manifestèrent leur inquiétude :
la création publicitaire allait être touchée au cœur, elle ne s'en remettrait pas. Peu nombreux furent ceux qui, à l'instar de Georges Péninou, alors mandaté par Publicis pour réfléchir sur le sujet, risquèrent une opinion différente, et même divergente. Certes, les choses allaient être moins faciles qu'auparavant, mais peut-être la création publicitaire en sortirait-elle, paradoxalement, renouvelée, vivifiée et renforcée. C'est ce que semble indiquer l'analyse résumée ci-dessous - elle porte en réalité sur plusieurs dizaines d'annonces pré- et post-Évin - présentée en mai 2002 à Mexico lors des Premiers Entretiens franco-mexicains sur la publicité.