Alors que dans la vie courante chacun s'exprime avec un débit très personnel de la parole, différent de celui des autres, à la radio et à la télévision l'invité comme le présentateur se rapprochent d'une norme non écrite, mais contraignante, que dégagent les travaux de recherche. Comme si la présence du micro déterminait la vitesse d'élocution plus que le tempérament des individus. Les analyses quantitatives menées par Colas Rist à l'université d'Orléans montrent que la norme, dans toutes les émissions radiophoniques et télévisées, tend à se rapprocher de 200 mots à la minute. Ce débit est celui des présentateurs des journaux d'information sur France Inter et Europe 1 comme sur TF1 et France 2. Il n'y a que dans les reportages préenregistrés qu'il s'accélère jusqu'à atteindre 230 mots/minute : comme si, dans le format imposé qui dépasse rarement la minute, le reporter cherchait à en dire le plus possible. Parfois au détriment de la compréhension.