Justin Grégoire vient de se voir attribuer en 1983 « le prix Maximilien Vox » par les Rencontres Internationales de Lure. Après René Ponot, José Mendoza et Jean-Claude Lamborot voici — symboliquement — couronné un homme qui, s'il n'est pas typographe, a quand même consacré sa vie aux lettres et à l'enseignement1. Il fait ici, à sa façon, le bilan d'une vie. Il dit sa dette de reconnaissance, surtout à André Lhote qui fut un extraordinaire pédagogue2 et dont il donne (inédite) des extraits de sa correspondance. Il faut voir là le souci de rapporter ses propres productions : découpages, tapisseries, cartes postales, illustrations, « posters », « éditions futiles »... à cette première formation. Justin Grégoire fut non seulement, à Oppède (Vaucluse), le maître de générations de «gamins» à qui il apprit à lire, à écrire et à dessiner mais il est aussi le praticien modeste d'un graphisme plein de force et de bonne humeur ; II joue aussi bien du feutre de couleur que du ciseau. Il tient la chronique dessinée de la vie de son village et de ses (rares) voyages avec une invention qui fait qu'on reconnaît sans peine en lui, comme on le dit d'un journaliste ou d'un écrivain, « une plume ». Gérard Blanchard