Trois cas différents survenus aux États-Unis dans lesquels la responsabilité de certains individus a été mise en cause – dans une grande entreprise, dans l’Église catholique et dans l’armée – mettent en lumière les logiques de distribution de responsabilité au sein des organisations. En attirant l’attention sur les failles institutionnelles, en particulier sur le contrôle rétrospectif (généralement négligé), il ne s’agit pas de disqualifier l’idée de responsabilité morale individuelle au profit d’une vague notion de responsabilité collective. Mais plutôt que se focaliser sur la responsabilité individuelle de ceux qui ont commis les fautes, il importe de se préoccuper de celle des superviseurs qui les ont laissé advenir. Car c’est bien sur des individus que repose la responsabilité de mettre en place et de garantir les conditions d’un contrôle adéquat à l’intérieur de l’institution.