L'analyse de l'appareil discursif médiatique (télévision et presse) mis en uvre pour relater le 8 mars 2005 en Italie fait émerger qu'il participe désormais d'un rituel politico-institutionnel où les voix qui proclament la parole de la fête sont avant tout celles des femmes (peu) et des hommes de l'establishment, celles de la femme de la rue et des mouvements étant totalement passées sous silence. Ce discours ambiant se focalise d'abord sur la femme italienne/occidentale engagée dans son ascension vers le pouvoir qui reste l'apanage de l'homme (silence médiatique sur les violences) puis sur la femme d'ailleurs, d'un ailleurs musulman surtout, où la femme doit encore lutter pour ses droits fondamentaux. Sur fond de mimosa, image symbole de l'Otto marzo, la fête se colore également d'aspects consuméristes, véhiculés par une publicité créée ad hoc, qui bien qu'alimentant sa popularité, offusquent ses origines et remettent en question ses vraies valeurs.