Invasive species management is often guided by the implicit assumption that minimizing the invaded population will concurrently minimize the economic and ecological damages it causes. However, this alignment is challenged when damages are spatially heterogeneous, raising a critical question for environmental managers: should limited control budgets prioritize sites to minimize invasion state or damage? This paper defines and compares two simple cost-effective decision criteria for site prioritization: an invasion-minimization criterion, which targets sites based on their per-unit-cost contribution to future invasion spread, and a damage-minimization criterion, which targets sites based on their per-unit-cost contribution to future damages. We solve analytically the two optimization problems and derive the restrictive theoretical conditions under which these criteria yield identical rankings. Applying these criteria to the management of Primrose willow (Genus Ludwigia) in the Brière Regional Park in France, we demonstrate that for a realistic budget, the two criteria lead to starkly different spatial allocations of effort. The damage-minimization criteria concentrates resources in a few high-value, highly invaded areas, while the invasion-minimization criteria spreads effort across many more, less valued areas to curb overall invasion state. Our analysis reveals that the common managerial practice of prioritizing population reduction may not align with damage reduction objectives unless damages are uniform or dispersal networks are trivial.
La gestion des espèces envahissantes repose souvent sur l’hypothèse implicite selon laquelle la réduction de la population envahissante minimisera simultanément les dommages économiques et écologiques qu’elle provoque. Cependant, ce lien est remis en question lorsque les dommages présentent une hétérogénéité spatiale, ce qui soulève une question cruciale pour les gestionnaires de milieux : face à des budgets de lutte limités, faut-il donner la priorité aux sites afin de minimiser l’étendue de l’invasion ou les dommages causés ? Cet article définit et compare deux critères de décision simples et coût-efficace pour la hiérarchisation des sites : un critère de minimisation de l’invasion, qui cible les sites en fonction de leur contribution, par coût unitaire, à la propagation future de l’invasion, et un critère de minimisation des dommages, qui cible les sites en fonction de leur contribution, par coût unitaire, aux dommages futurs. Nous résolvons analytiquement les deux problèmes d’optimisation et déduisons les conditions théoriques restrictives dans lesquelles ces critères aboutissent à des classements identiques. En appliquant ces critères à la gestion de la Jussie (genre Ludwigia) dans le parc régional de Brière en France, nous démontrons que, pour un budget réaliste, les deux critères conduisent à des répartitions spatiales des efforts radicalement différentes. Le critère de minimisation des dommages concentre les ressources sur quelques zones à forte valeur ajoutée et fortement envahies, tandis que le critère de minimisation de l’invasion répartit les efforts sur un plus grand nombre de zones moins valorisées afin de freiner l’état global d’invasion. Notre analyse montre que la pratique de gestion consistant à privilégier la réduction des populations invasives pourrait ne pas correspondre aux objectifs de réduction des dommages occasionnés, à moins que ces derniers ne soient uniformes ou que les réseaux de dispersion soient spécifiques.