This article aims to examine to what extent dancing in contact with seas and oceans encourages us to rethink the paradigms of our terrestrial lives. With this in mind, I will study the porous relationships that this non-verbal art weaves with the environment.To this end, I will develop an analysis of breathing variations and human perceptions. First, I will demonstrate how the experience of different breath rhythms on the shores has driven the dance and thoughts of pioneering choreographer Isadora Duncan (Perrin) and her successors.I will then focus on two dance-videos, Amy Greenfield’s “Tides” (created in response to Duncan’s “The Dancerof the Future”) and Babette Mangolte’s “Water Motor”, in order to measure how aquatic experiences, and in particular that of a non-human temporality, moveour perceptions. This phenomenon is revealed through the use of the camera, which provides a print of these intimate and fleeting sensations. Finally, after studying breath variations, I will draw on Laurence Louppe’s work on “non-breathing” and analyze the piece and the short documentary by apneist dancer Marine Chesnais, both entitled “Habiter le seuil”.Here, I will examine the practice of breath-holding in aquatic environments “which works on the gravitational tissue of the spectator, produces transfers of perception and state” (Louppe) and enables us to meet marine mammals. In conclusion, I will support the idea that these breathless marine encounters change our perception of the terrestrial world, invite us to “inhabit the thres hold,”to explore this space of transformation, and offer us the opportunity of “becoming other” (Abram).
Cet article a pour intention d’examiner combien danser au contact des mers et des océans incite à repenser les paradigmes de nos vies terrestres. En ce sens, j’étudierai les relations poreuses que cet art non verbal permet de tisser avec les milieux. Pour cela, je développerai alors une analyse des variations de respiration et des perceptions humaines. Tout d’abord, je démontrerai combien l’expérience des différents rythmes de souffle éprouvés sur les rivages a impulsé le déploiement de la danse et de la pensée de la chorégraphe pionnière Isadora Duncan (Perrin) ainsi que celles de ses successeuses. Puis, je me concentrerai sur deux vidéo-danses, “Tides” d’Amy Greenfield (réalisée en réponse à “La danse de l’avenir”de Duncan) et “Water Motor” de Babette Mangolte afin de mesurer à quel point les expériences aquatiques et notamment celle d’une temporalité non humaine déplacent nos perceptions. Ce phénomène se révèle alors grâce à l’usage de la caméra qui offre une trace de ces sensations intimeset fugaces. Enfin, après avoir étudié les variations des souffles, je m’appuierai sur les travaux de Laurence Louppe sur le “non-souffle”et je proposerai une analysede la pièce et du court documentaire de la danseuse-apnéiste Marine Chesnais, tous deux intitulés “Habiter le seuil”. J’interrogerai ici la pratique de la rétention du souffle en milieux aquatiques “qui travaille le tissu gravitaire du spectateur, produit des transferts de perception et d’état” (Louppe), et qui permet d’aller à la rencontre de mammifères marins. En conclusion, je défendrai l’idée que ces rencontres marines essoufflées changent notre perception du monde terrestre, nous invitent à “habiter le seuil,” à explorer cet espace de transformation, et nous offrent l’opportunité de “devenir autre” (Abram).