This paper analyses the macroeconomic and distributional effects of income transfers in the four historical French overseas departments (Guadeloupe, Martinique, French Guiana, Réunion) and mainland France, using multipliers derived from Social Accounting Matrices disaggregated by income quintile. Our results show that transfers targeting the poorest households (Q1) are the most macroeconomically effective in stimulating local production, owing to their high propensity to consume and lower propensity to import. However, the analysis of the inter-household multiplier matrix reveals a powerful “trickle-up” effect : the consumption of the poorest households, by stimulating the productive apparatus, generates capital income and high wages that are mechanically captured by the wealthiest households (Q5). In some overseas departments, a €1 transfer to the poorest quintile ultimately generates more than €1 in additional income for the richest quintile. This paradox stems from the extreme concentration of primary income at the top of the distribution, inherited from the economic history of these territories. These findings highlight the limitations of cash transfer policies conducted in isolation and call for structural reforms aimed at a more equitable distribution of value added.
Cet article analyse les effets macroéconomiques et distributifs des transferts de revenus dans les quatre départements et régions d’outre-mer historiques (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion) et en France hexagonale, à l’aide de multiplicateurs issus de Matrices de Comptabilité Sociale désagrégées par quintile de niveau de vie. Nos résultats montrent que les transferts ciblant les ménages les plus modestes (Q1) sont macroéconomiquement les plus efficaces pour stimuler la production locale, en raison de leur forte propension à consommer et de leur plus faible propension à importer. Cependant, l’analyse de la matrice des multiplicateurs inter-ménages révèle un puissant effet de « ruissellement vers le haut » : la consommation des plus pauvres, en stimulant l’appareil productif, génère des revenus du capital et des hauts salaires qui sont mécaniquement captés par les ménages les plus riches (Q5). Dans certains DROM, un transfert de 1€ au quintile le plus pauvre génère, in fine, plus de 1€ de revenu supplémentaire pour le quintile le plus riche. Ce paradoxe résulte de la concentration extrême des revenus primaires au sommet de la distribution, héritée de l’histoire économique de ces territoires. Ces résultats soulignent les limites des politiques de transferts monétaires conduites isolément et plaident pour des réformes structurelles visant une meilleure répartition de la valeur ajoutée.