París, Francia
This article, which is a response to Éric Maulin’s remarks, explores the future of human rights in the context of the Anthropocene. While É. Maulin proposes to redefine human rights to integrate ecological concerns, this article recalls that the primary purpose of human rights is to protect individual freedoms and that they are, by their very nature, anthropocentric. The article warns against the risk of distorting these rights posed by such a complete overhaul, arguing instead for targeted adjustments to better integrate environmental considerations. Two approaches are suggested : explicitly recognizing nature as a legitimate ground for limiting human rights, and creating new rights, in particular a right of humankind to the environment. This article also argues for a balance between universalism and diversity in the protection of human rights and the environment. The future of these rights is necessarily rooted at the local level, where they acquiere their full meaning. However, this local anchoring does not imply turning in on oneself or rejecting joint action. Despite the risks of ideological appropriation, the humanism of interdependence is not vain.
Cet article, qui constitue une réponse aux propos d’Éric Maulin, explore l’avenir des droits de l’homme dans un contexte d’Anthropocène. Alors qu’É. Maulin propose de refonder les droits de l’homme pour y intégrer les enjeux écologiques, il est rappelé ici que ces droits ont pour finalité première la protection des libertés individuelles et qu’ils sont donc, par essence, anthropocentrés. Cet article met en garde contre le risque de dénaturation lié à une refonte de ces droits ; des aménagements sont préférables pour mieux prendre en compte les préoccupations environnementales. Deux approches sont ici proposées : reconnaître explicitement la nature comme motif de limitation des droits de l’homme, et établir de nouveaux droits, en particulier un droit de l’humanité à l’environnement. Cet article plaide aussi pour un équilibre entre universalisme et diversité dans la protection des droits de l’homme et de l’environnement. L’avenir de ces droits s’ancre nécessairement dans le local : c’est là qu’ils prennent tout leur sens. Pour autant, cet ancrage local ne s’apparente pas à un repli sur soi, à un rejet de l’action commune. Malgré des risques de récupération idéologique, l’humanisme de l’interdépendance n’est pas vain.