The Anthropocene, a concept coined to describe humanity’s geological impact on Earth, is fueling a vast interdisciplinary debate that is gradually spreading to the field of law. Although omnipresent in scientific and legal literature, it remains absent from French and German positive law. This paradox can be explained by its mainly critical use: it serves to draw attention to the ecological crisis, to question the limits of existing legislation, and to propose profound changes to our legal systems. Without a clear legal definition, the Anthropocene is primarily mobilized as an epistemological tool. It invites us to rethink the law by extending its temporal scope, broadening the subjects of law to include non-humans, and adopting a systemic approach on a global scale. This interpretative plurality, while productive, also raises criticism about the risks of simplification and depoliticization. The Anthropocene does not impose a single answer but calls for a reflexive and responsible reconfiguration of law to address global environmental challenges.
L’Anthropocène, concept forgé pour désigner l’impact géologique de l’humanité sur la Terre, alimente un vaste débat interdisciplinaire qui gagne progressivement le droit. Bien qu’omniprésent dans la littérature scientifique et juridique, il reste absent du droit positif français et allemand. Ce paradoxe s’explique par son usage principalement critique : il sert à alerter sur la crise écologique, à interroger les limites du droit existant et à proposer des transformations profondes de nos systèmes juridiques. Sans définition juridique claire, l’Anthropocène est avant tout mobilisé comme un outil épistémologique. Il invite à repenser le droit à l’aune d’une temporalité élargie, d’une meilleure prise en compte des non-humains, et d’une approche systémique à l’échelle planétaire. Cette pluralité interprétative, bien que féconde, soulève aussi des critiques sur les risques de simplification et de dépolitisation. L’Anthropocène n’impose pas de réponse unique mais appelle à une refondation réflexive et responsable du droit face aux défis environnementaux.