La denominada “inteligencia artificial” y la gestión del trabajo a través de fórmulas matemáticas y análisis complejos de patrones ha provocado un cambio significativo en el ejercicio del poder de dirección en la empresa, lo que ha permitido que la toma de decisiones sobre la organización empresarial y la gestión de los trabajadores se realice por máquinas de manera alienada y sin vinculación emocional con las personas trabajadoras. Esto ha dado lugar a una relación laboral despersonalizada, mecánica, ubicua y aparentemente infalible que, pese su impacto negativo sobre los trabajadores, tiene poca relevancia ante las ventajas económicas que la inteligencia artificial representa para las empresas. En tal sentido, los sistemas de inteligencia artificial vigilan, controlan, sancionan y toman decisiones sobre las personas trabajadoras que generan no sólo riesgos sobre su seguridad y salud, y sobre sus derechos fundamentales, sino que, además, despersonalizan un vínculo que, en esencia, requiere de un contacto directo y personal, o al menos de una mínima empatía entre las partes.
So-called “artificial intelligence” and the management of work through mathematical formulas and complex pattern analysis has brought about a significant change in the exercise of corporate management power, allowing decisions about business organization and worker management to be made by machines in an alienated manner and without any emotional connection to the workers, This has given rise to a depersonalized, mechanical, ubiquitous and seemingly infallible employment relationship which, despite its negative impact on workers, is of little relevance given the economic advantages that AI offers companies. In this sense, artificial intelligence systems monitor, control, sanction and make decisions about workers that not only generate risks to their health and safety and their fundamental rights, but also depersonalize a relationship that, in essence, requires direct and personal contact or, at least, a minimum of empathy between the parties. This paper aims to analyze the actions recently taken by the European Union and Spain in the field of artificial intelligence to mitigate the aforementioned risks and move towards a de-alienated management of the company that recognizes the worker as an individual with autonomy and not as a mere resource or means of production. The analysis of Regulation 2024/1689 of 13 June 2024 and its impact on corporate management power will be essential in assessing whether European companies can move away from the alienated management that AI essentially represents.
Ce que l’on appelle “l’intelligence artificielle” et la gestion du travail à l’aide de formules mathématiques et d’analyses complexes de modèles ont entraîné un changement significatif dans l’exercice du pouvoir de direction des entreprises, permettant aux machines de prendre des décisions concernant l’organisation de l’entreprise et la gestion des travailleurs de manière aliénée et sans lien émotionnel avec les travailleurs, donnant lieu à une relation de travail dépersonnalisée, mécanique, omniprésente et apparemment infaillible qui, malgré son impact négatif sur les travailleurs, a peu d’importance face aux avantages économiques que l’IA présente pour les entreprises. En ce sens, les systèmes d’intelligence artificielle surveillent, contrôlent, sanctionnent et prennent des décisions concernant les travailleurs, ce qui génère non seulement des risques pour leur sécurité et leur santé et pour leurs droits fondamentaux, mais dépersonnalise également un lien qui, par essence, nécessite un contact direct et personnel ou, au moins, un minimum d’empathie entre les parties. Ce travail vise à analyser les mesures récemment adoptées par l’Union européenne et l’Espagne en matière d’intelligence artificielle afin d’atténuer les risques mentionnés et de s’orienter vers une gestion dés-aliénée de l’entreprise qui reconnaît le travailleur comme un sujet doté d’une autonomie individuelle et non comme une simple ressource ou un moyen de production. L’analyse du règlement 2024/1689 du 13 juin 2024 et son impact sur le pouvoir de direction des entreprises seront essentiels pour évaluer si les entreprises européennes peuvent s’éloigner de la gestion aliénante que représente, par essence, l’IA.