Arrondissement de Palaiseau, Francia
One naturally expects the law, and particularly the attribution of legal status, to be based on arguments of reason. But this doesn’t take into account the influence of affects on lawmakers. When we look at the parliamentary debates that preceded the adoption of the French Civil Code (and the enshrining of exclusive appropriation) or the attribution of the status of “common heritage” to various elements of our environment, we see that affects played a significant role in the choices made. Thus, the recognition of an exclusive property right in the Civil Code fosters an idealization of exclusive property (as the path to happiness and as a condition of civilization) while the common is considered synonymous with arbitrariness or even savagery. Conversely, the attribution of the status of “common heritage” is the result of a neutralization of the negative affects aroused by the reference to both property (whose calling into question is feared) and the commons (which emerge as a solution to the harmful consequences of exclusive appropriation). It is also the result of the emergence of a latent and even sometimes manifest desire for the “common.”
On s’attend spontanément à ce que le droit, et singulièrement l’attribution d’un statut juridique, soit le résultat d’arguments de raison. C’est sans compter l’influence des affects sur le législateur. Lorsque l’on se penche sur les débats parlementaires qui ont précédé l’adoption du Code civil (et la consécration de la propriété exclusive) ou l’attribution du statut de « patrimoine commun » à divers éléments de notre environnement, on constate que les affects ont joué un rôle non négligeable dans les choix opérés. Ainsi, la reconnaissance d’un droit de propriété exclusif dans le Code civil s’opère à la faveur d’une idéalisation de la propriété exclusive (en tant que voie du bonheur et que condition de la civilisation) tandis que le commun est redouté comme synonyme d’arbitraire voire de sauvagerie. À l’inverse, l’attribution du statut de « patrimoine commun » est le résultat d’une neutralisation des affects tristes suscités par la référence à la propriété (que l’on craint de remettre en cause), d’une part, et aux communs (qui émergent comme une solution face aux conséquences néfastes de l’appropriation exclusive), d’autre part. Il est également le résultat de l’émergence d’un désir latent et parfois même manifeste, à l’égard du « commun ».